Le chti 10km lillois des babaorun

Et si on faisait une petite escapade avant la rentrée ? Bonne idée, allez go ! Montréal ? Bonifaccio ? Londres ? Lille ? Oh oui, Lille, quel exotisme !

Prêts pour en découdre avec la Braderie de Lille @babaOrun

Prêts pour en découdre avec la Braderie de Lille @babaOrun

Lever 6h (de la nuit), 7h30 à gare du Nord (on croise Catherine Frot, la mine défaite, et des coureurs des Etoiles, la mine réjouie). 8h dans le TGV, 9h à Lille, impec. Direction : retrait des dossards. En chemin, on se fait doubler par le peloton de tête du semi, un groupe de mecs tout secs et bien bronzés, la vache, qu’est-ce qu’ils avionnent tout de même… Et on retire nos dossards.

Coucou Martine !

 

Vestiaire bestiaire@babaorun

Vestiaire bestiaire@babaorun

Nous sommes reçus en grande pompe dans les salons de l’Hôtel de Ville Les vestiaires nous accueillent bien au chaud dans l’Hôtel de ville, une atmosphère sympa, et un lieu plutôt joli. On se change à coté d’un plan de Lille en 3D, non loin deux gros éléphants nous matent, c’est un peu gênant tout de même… T’as des épingles ? Non, ha merci Giao, heureusement que tu es là. On enfile le tee-shirt super moche 100% coton pour pas se cailler, et nous suivons une joyeuse troupe de potes pour aller s’échauffer. On se meut vers la ligne de départ en courotant un peu, il ne fait pas froid. 17° nous dit-on.

Week-end de braderie

Nous sommes rarement tous les 2, et bing, c'est flou !

Nous sommes rarement tous les 2, et bing, c’est flou !

Si Lille organise un semi et un 10km ce week-end-ci, c’est à l’occasion de la braderie, événement annuel interplanétaire où la ville se transforme en marché aux puces géant. Nous allons prendre le départ du 10km, une distance que JC n’a pas courue depuis 1 an et demi ; quant à AL, elle voudrait vérifier où elle en est par rapport à son dernier 10km en juin.

On part s’échauffer. Allez, on tourne à gauche. Ah non, trop de monde, bon ben là alors. Non, trop de monde. On va vers la ligne de départ et on fait des allers-retours de 50 m maxi pour mettre les jambes en route. JC avance vers le SAS élite (ce crâneur), AL reste avec les gueux derrière et…

Avant le départ

AL : Je continue de m’échauffer, je grimpe sur un trottoir pour éviter les bradeux quand CLAC ! Purée, c’est quoi cette douleur au mollet ? Une veine qui pète ? J’ai mal, p**e borgne ! Et ça ne semble pas passer. Impossible de trouver de bons appuis pour mettre un pied devant l’autre. Je fais quoi ? Le départ est dans 20 min, j’abandonne ? Je n’ai pas fait tout ce chemin pour rien.
Je m’assois sur le trottoir et masse durement mon mollet droit, ça me fait du bien. Je finis mon échauffement en travaillant des étirements du mollet et des appuis sur le pied droit. Je règle ma vieille Garmin 110, histoire d’être sûre qu’elle va trouver les satellites à l’heure requise, la sale bête.

JC : Pendant ce temps, j’essaie de me coller à un échauffement de 30′, car je suis bientôt marathonien et il faut que je borne. Pas facile de trouver des axes où la voie est libre. Entre les badauds, les stands qui se montent n’importe comment -réflexe professionnel moi qui bosse dans les salons-, les effluves de fêtes foraine. Mais j’y parviens tout de même et me voilà en sueur sur la ligne de départ.
Ça sent le gros niveau, mais je suis parfaitement décontracté, car aucun enjeu pour moi. Si ce n’est brutaliser un peu mon corps afin d’élever son niveau pour bien aborder le plan de 8 semaines. Un plan qui va m’amener dans les meilleures conditions au départ du championnat de France du marathon, à Toulouse, le 27 octobre prochain.

Les premiers kilomètres

AL : Top départ, en route, sans me poser de questions. J’essaie de ne pas trop peser sur mon mollet, et je me rends compte que quand je vais vite, ça me fait moins mal (je tape moins, je rebondis). Je regarde mon allure 5’11. Purée, c’est rapide ça pour moi, je m’étais fixé un 5’30 pour tenter de finir au mieux dans le 55′. Je me dis que je vais ralentir, mais je me sens pas trop mal, surtout niveau souffle, alors je tiens une allure un chouilla plus sage (5’24), mais je poursuis.
Y’a un de ces monde, fouyouyouille, heureusement on ne tourne pas trop souvent et la route est clean. Au bout de 4km, je retiens mon allure, en me disant que si ça va toujours bien au km9, je remettrai un coup de boost. Je commence à bien sentir mon mollet, j’ai chaud tout de même. Je sens mes joues écarlates, j’en ai même des frissons tant j’ai chaud. Heureusement, ça distribue des éponges, merci. Z’êtes bien urbains les Lillois. Lille-copyright-babaorun

JC : Nous voilà tous serrés comme des sardines en attendant le start.
Pan ! Comme d’hab, ça part à fond. Je ne me laisse pas tenter car j’ai prévu de me régler à 3’30, soit 17 km/h. Je passe en 3’23, c’est un grand classique d’aller un poil plus vite. Comme souvent, je me retrouve avec les meilleures féminines, enfin juste en dessous de l’élite. Je m’accroche toutefois à un groupe qui est légèrement plus rapide que je le  souhaitais, mais c’est confort quand même d’être dans les roues. Donc je suis.

Milieu de course

AL : On approche à la Citadelle, où quelques courts passages de pavés ne sont guère appréciés par mon mollet droit. Je compense comme je peux. Côté souffle, je me méfie des espèces de faux plats fourbes, de toute façon, je commence à ressentir mon erreur d’un départ trop rapide, surtout avec un jarret en vrac. Quelle truffe ! Les ravitos du semi n’ont pas été nettoyés et je me méfie (j’ai une fâcheuse tendance à tomber) des peaux d’oranges et autres gobelets par terre, je ralentis.

JC : Mais c’est dingue, si tu glisses d’un pied, tu reprends de suite appui sur l’autre, et de nouveau le pied qui a glissé enchaîne le mouvement. Impossible de tomber. Plus tu vas vite là-dessus, moins tu as de chance de tomber ! Aie con-fiance !

AL : Oui, ben je peux pas courir plus vite, j’ai peur de tomber et pi c’est tout ! A la sortie de la Citadelle, je commence à peiner. Les odeurs de friture m’importunent. Pourtant, c’est sympa, les spectateurs se densifient sur le parcours et encouragent. Peu d’animations, mais pas mal de peuple.

JC : Km5, je passe en 17’15″… mince c’est trop rapide, pourtant je me sens bien. Pas mal aux jambes. Je m’applique à être relâché un max pour prendre des bonnes habitudes. La deuxième partie du parcours est un peu plus difficile. Quelques zones pavées et des relances, mais ça reste roulant. La féminine avec qui je suis, et qui a un lièvre assez chiant (genre j’ai une mission de dingue, poussez-vous les autres !), peine un peu. Le groupe ralentit. Je suis le mouvement pour le moment, bien content de contrôler ma course.

La fin de course

JC dans la mairie de Lille @babaorun

JC dans la mairie de Lille @babaorun

JC : Allez, à 2km de l’arrivée, je décide de relancer le groupe. Je passe devant et accélère légèrement, porté par la foule en délire (si, si). On passe sur la Grand’place et ça crie de partout. Je pense que la fille avec son lièvre est une coureuse locale -moi qui pensait être acclamé… !
Ça tire quand même de plus en plus, mais je suis encore bien en place dans mon geste et aucune douleur parasite ne me gêne. Je fonce.

AL : Pour moi, en revanche, ça tourne à l’enfer et à la damnation ! Je peine, y’a pas mal de tournants qui m’exaspèrent. Je me trouve dans la masse des coureurs (ah bah c’est sûr, JC, il a pas ce problème-là), et dès que ça vire, ça ralentit. Il faut ensuite ré-accélérer, ça me coupe les pattes !
Je prends un petit gel au km7, j’ai du mal à boire -un de mes gros défauts, car je ne sais pas boire en courant. Je contracte mon ventre à mort pour m’éviter un point de côté, ça marche, ouf ! Je morfle, je ralentis. Ma Garmin indique une allure de 6′, ouh là, il faut remettre le turbo, mais je manque de jus.

L’arrivée

JC : Au bout de la longue ligne droite, je vois le chrono qui indique 34 ; alors qu’au départ, je pensais un poil plus de 35′, je décide donc de finir coûte que coûte sous les 35. J’accélère donc, mais sans sprinter. Pas l’idée pour cette course. Contrat rempli. 34’51 » !
Je vais prendre un ou deux verres de produit énergétique et rendre ma puce. Quelques dattes et je file, trempé de sueur, vers AL qui finit son 10, pour l’encourager.
Pas simple car il y a tellement de monde sur les trottoirs que je dois courir à contre-sens des coureurs. Je fais gaffe et demeure hyper attentif pour ne pas la rater.
Enfin je la vois.
Pas un sourire, ultra concentrée et dans la douleur d’une fin d’épreuve.
Je suis discret et me met direct derrière, de peur de me faire gronder…

AL : Là, c’est ma tête qui doit prendre le relais, car je n’en peux plus, j’ai mal, c’est hard, et je lutte contre l’idée de tout lâcher. Quand… je vois JC qui revient vers moi. Je suis tellement à l’arrache que je lui demande de me suivre derrière plutôt. Mais à 900m de l’arrivée, je lâche et je marche. Les spectateurs sont nombreux, une femme me hurle après « Mais tu peux pas t’arrêter là, plus que quelques mètres!« . Je reprends, quelle galère !

JC : Allez, mon amour, allez, encore une ligne droite (AL : ah ouf), non deux (AL : oh non je n’y arriverai jamais).

AL dead @babaOrun

AL dead @babaOrun

AL : Je passe la ligne d’arrivée quand ma Garmin m’indique 55’43. J’ai envie de vomir, je file vers le ravito pour boire, j’ai perdu JC. Je croise ma copine Mélie et son frère (qui a fait son premier 10km en 40′, dingue non ?). Je me dirige vers un grand bac rempli de quartiers d’orange, je prend de la flotte, et file vers les consignes où je retrouve mon amoureux ! J’ai envie de pleurer ! J’en peux plus ! J’oublie même de lui demander son temps !

JC : Tu sais que j’ai fait aussi la course ce matin ?

AL : Oui mon amour, pardon, tu as mis combien ? (et là, il me dit son temps, je suis habituée mais ça m’impressionne quand même).

Moules-frites, bière et résultats

Obligés ! @babaorun

Obligés ! @babaorun

Nous retrouvons certains potes sur le stand Brooks, où nous saluons Christophe, le boss de la marque. Finalement, nous allons nous asseoir pour une petite bière avec Lionel le bressan ; la bière nous casse bien, mais on attend Olive et Mélie pour déjeuner. Nous finissons par nous attabler pour des moules-frites (obligés, un WE de braderie !) dans une ruelle du vieux-Lille. Il y a une foule de folie dans les rues. AL fait un détour par Meert, la jolie pâtisserie de la rue Esquermoise, vous savez celle qui fait les super gaufres, pour un dessert bien mérité que nous dégusterons dans le TGV.

Réconfortant @babaOrun

Réconfortant @babaOrun

JC connaît déjà son résultat : 34’51. Lundi, il commencera sa prépa marathon pour Toulouse.

AL trouve le sien : 55’46. Finalement une bonne surprise pour une course aussi mal goupillée !

Prochaines courses : le cross du Figaro et pour JC un semi marathon en mode « je ne cherche pas un temps »… Et pourtant, la course s’appelle pourtant les Chasseurs de Temps (à Vincennes), comme quoi !

AL fraîchement arrivée, JC  a déjà récupéré ! @babaorun

AL fraîchement arrivée, JC a déjà récupéré ! @babaorun

 

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26 réponses à Le chti 10km lillois des babaorun

  1. Running Stef dit :

    Bravo à tous les 2 !

    Un planning trop rempli pour prendre une ch’tite binouze avec le reste des « virtuals runners », dommage peut être une prochaine fois.
    J’espère que la course et l’ambiance braderie vous ont plu.

    Bonne récupération !

  2. jeannot stéphanie dit :

    Bravo! Je me régale en vous lisant. Anne-Laure est super volontaire, courageuse et combattive. Je suis baba! lol
    Bises à vous 2

  3. Valérie SECKLER dit :

    Bravo a vous 2: JC tout en décontraction, genre promenade de santé et je décroche un chrono de folie… Et AL toute en concentration, qui bataille pour finir et qui arrive fraîche comme une rose . Chacun sa course, chacun sa bataille et victoire pour chacun

  4. Philippe dit :

    En tout cas, vous z’avez pas bradé les chronos 😉 !

  5. Maya972 dit :

    Bonjour, je découvre ce blog et vraiment sympa cette écriture en parallèle. J’adore ce ton !
    Ah oui, sympa ce CR pour des chronos bien sympas ! 🙂

  6. Marie dit :

    Toujours aussi sympa de vous lire 🙂 Moi qui ait été lilloise ces 6 derniers mois, je regrette de n’avoir participé à cette fête ! En tous cas…la citadelle…on la pratique qu’on est un runner du coin ! Bon repos AL, bravo pour tes efforts et JC bring on la prepa marathon 🙂

  7. Génial ce CR!!! Félicitations à vous deux!

  8. Julien dit :

    Toujours très sympa vos articles à 4 mains 😉
    Bon après JC il a couru que les 300 derniers mètres pour pas passer les 35′, mal AL, elle a un peu payé de sa personne pour décrocher son chrono. Alors Bravo !

  9. Ping : Semi-marathon de Lille, "c’est dans la tête" qu’ils disaient … | Running Sucks

  10. Aurore dit :

    Bravo, c’est vraiment un joli temps !

  11. Ping : Bilan 2013 contrasté des Babaorun | babaOrun

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