Adidas Boston Boost vs Nike Zoom Elite, le match

Quand j’ai (re)commencé la course à pied, après des années off, c’est en Nike que j’ai couru. Puis j’ai lâché la marque à la virgule quand elle a cessé la ligne Bowerman, excellente. Beaucoup de coureurs se souviennent avec nostalgie du modèle référent Skylon. J’étais si déçu.
Je suis passé à Adidas, marque qui m’a souvent accompagné, même si j’ai parfois dévié (essai Mizuno traumatisant, New Balance pas durable, Hoka thérapeutique…).

Aujourd’hui, je souhaite opposer deux modèles des géants du running. Ainsi derrière ce titre flamboyant (je suis moins fort en titres que ma chérie), se cache un faux match à la rivalité déséquilibrée. En effet, les adversaires ne jouant pas tout à fait dans la même catégorie. Mais parfois, il peut être intéressant de comparer un poids plume, la Nike Zoom Elite 8, à un poids mouche, l’Adidas Boston Boost 5.

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De Boston la ville à Boston la chaussure

Pour mieux comprendre, faisons un retour en arrière.
L’an passé, ma prépa et ensuite mon marathon de Boston sont en grande partie gâchés par une aponévrosite plantaire persistante. Pour pouvoir courir, j’opte alors pour le confort d’une paire de Hoka, mes sauveuses !

Ensuite, un bobo en cachant un autre, ma pubalgie se réveille, laquelle se soldera par une intervention chirurgicale. AL : Sachez que JC ne fait jamais rien à moitié !
Après mon opération, s’ensuit une longue interruption de course, de course sérieuse j’entends. Et pour ma « réathlétisation », début 2015, je décide d’adopter une nouvelle paire de chaussures plus près du sol, plus dynamiques et légères. Je veux retravailler la tonicité de mes pieds, ces transmetteurs d’énergie de notre sport passion.
L’Adidas via la Boston Boost 5 est l’heureuse élue.

La Boston Boost en sensations

1. La légèreté > Avec ses 250 g en taille 43, la Boston pèse peu. La marque vante son dynamisme allié à un amorti moelleux. Ses qualités me séduisent rapidement pour travailler les axes souhaités.

2. L’amorti > Malgré mes vitesses très très lentes de reprise, 8-9 km/h, je constate que sur les attaques talon (à ces vitesses, faut être un sacré guignol pour courir sur l’avant-pied, ndlr), l’effet Boost et son amorti bluffant fonctionnent très bien.

3. L’étroitesse > Cependant, pour mon pied, les Boston sont très étroites et manquent de stabilité, car sa surface au sol et sa hauteur la rende « flottante ». Un vilain défaut !
Cela a une incidence sur le sizing, car pour que le pied soit moins à l’étroit, il faut de fait opter pour une taille supérieure à sa pointure habituelle. Bilan, on se retrouve avec une chaussure trop longue, donc plus lourde, pour bénéficier finalement d’une largeur à peu près convenable, dommage non ?!

4. La tonicité > Malgré cela, je suis toute ma rééducation et fais mes premières armes sur piste avec les Boston aux pieds. Je les aime pour leur légèreté donc, leur qualité de vitesse, leurs sensations de tonicité et de rebond.

@babaorun/Adidas

@babaorun/Adidas

Elles donnent globalement satisfaction.
Avec 700 km au compteur, elles finissent par se déchirer sur les côtés, sans doute du fait de leur étroitesse et donc de la pression du pied. Du coup, je m’interroge, pour les prochaines devrai-je envisager encore 1/2 pointure supérieure ?


L’heure du choix pour le marathon de Berlin 

Mon objectif cet automne : Berlin.
Avant de me lancer dans une prépa de douze semaines, je réfléchis : quels souliers pour le 27 septembre ? AL : J’adore ce mot « soulier », on se croirait chez Vuitton !

La Boston paraît une évidence. Jusqu’à ce que… je réfléchisse (AL : froncements de sourcils à l’appui) !

Après moult échanges avec les uns les autres, notamment Julien Beghin et Antoine Desmons, je pense revenir à mes premières amours et renouer avec Nike. Cette Zoom Elite 8, je veux l’essayer. Dont acte !

Nike Zoom Elite 8 by babaorun

Le portrait de la Nike Zoom Elite 8

Et elle affiche des qualités tout à fait adaptées à mon pied et à mes allures visées.

1. Pas de coutures > Son empeigne en Flymesh (c’est le nom pompeux pour sa matière) fait le tour du soulier sans aucune couture à l’avant.

2. Le confort > Je le trouve sans commune mesure avec mes Boston. De plus, les ingénieux câbles de maintien Flywire sur les côtés permettent de bien envelopper le pied et cela confère une stabilité très bien pensée.

3. L’amorti > L’amorti Nike Zoom Air sur le médio-pied apporte une bonne dynamique quand on dépasse les 14-15 km/h. AL : J’ai toujours été fascinée par les avions… Attends, il faut aussi mentionner son drop plus faible, mais fort raisonnable, de 8 mm (10 mm pour Boston).

@ Babaorun/Nike

@ Babaorun/Nike

Le point à un tiers de ma prépa

Mes Nike Zoom Elite 8 ont déjà parcouru précisément 205,6 km à ce jour, foi de Strava.
De quoi me faire un réel avis maintenant. Place à mon retour de sensations et à mon fameux match surtout !

Confort, avantage Nike
Quel bonheur de les chausser et sentir mon avant-pied s’épanouir. Après avoir vécu l’enfer serré dans mes Boston, je me sens juste à l’aise et pourtant maintenu grâce à ce judicieux système de laçage. Le chausson sans couture avec l’effet chaussette font aussi leur effet ! Ce truc, bien utilisé (parce que sur les Lunar, Flyknit etc., c’était foiré je pense), c’est l’avenir des shoes de running. J’en fais le pari !

Allure marathon, avantage Nike
Quand je cours, je distingue vraiment mes deux allures de base : footing et seuil. Ainsi quand j’envoie du pâté, je sens une grande différence. En mode cool (11-13 km/h), le talon serait peut-être un peu sec et plutôt étroit. Cette Zoom Elite n’est pas une running de footing ; les Nike Vomero, pour cela, se montrent mieux adaptées, plus larges, avec l’amorti Zoom Air sur l’avant ET l’arrière.
En revanche, elles sont extra dès qu’on passe en vitesse seuil et en allure marathon.

AL : Explique pour les neuneus comme moi la vitesse seuil s’il te plaît ?

C’est l’allure qui se situe entre celles d’un 10-km et d’un semi-marathon grosso modo.
AL : Et pourquoi alors, elles conviennent pour ça ?
Par définition, quand on accélère, on passe plus sur le médio-pied, et là, le couple Zoom Air sur l’avant et la surface suffisamment large de la semelle dynamisent et stabilisent vraiment la course. De plus, la semelle a 3 découpes qui permettent une vraie souplesse pour accompagner l’énergie que transmet le pied.

JC Adidas boston boost 5 by babaorun

Légèreté, avantage Adidas
Je sens tout de même qu’elles ne sont pas aussi légères que les Adidas. La Nike Zoom Elite, pas une paire idéale pour taquiner les 20 km/h. Je dis bien « idéale », car la stabilité de ces chaussures procure tout de même une sensation plus sécurisante, même à haute vitesse.

Verdict pour un marathon

Je pense figurer parmi les « bons coureurs moyens », oui, je sais, c’est tout un concept ! Disons que j’ai un gabarit plutôt musclé. Probablement dû à des années à pédaler. Disons que face à un Haile Gebreselassie (au hasard), je suis plus « volumineux » !

Fort de mes cuissots robustes (AL : ou cuisseaux ?!), de mes pieds à tendance large, et ne courant qu’à 15-16 mes marathons, je me dis que jouer sur l’étroitesse, la légèreté et le dynamisme n’est pas la bonne option.

Nike l’emporte.
La Nike Air Zoom Elite 8 offre le meilleur compromis. Et elle ne pèse que 20 g de plus que la Boston. Et je gagne en stabilité, en amorti, en sécurité, avec suffisamment de dynamisme pour les vitesses visées. Je ne me vois pas donc revenir en arrière. Même au pays d’Adidas !

@ Batmanrunningawayfromshit.tumblr

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Une réponse à Adidas Boston Boost vs Nike Zoom Elite, le match

  1. Nicolas dit :

    Intéressant. Les Nike Zoom me faisaient de l’oeil. J’aimais bien le style et les couleurs, et j’avais aussi besoin de quelque chose de plus amorti que mes vieilles Kinvara pour un marathon. Je suis finalement parti sur des Brooks Launch 2, la v1 m’avait bien réussi pour mon premier marathon.

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