Pourquoi on court si peu en club ?

lievreQuand je dis que je fais de la course à pied en club, je capte un truc dans le regard de mes interlocuteurs qui m’amène souvent à préciser : «Mais tu sais, pas un truc de pros, mais plutôt comme un club sans notion de compétition, avec une super bonne ambiance, des coachs jeunes (oui, bon…) et sympas, et vraiment tous les niveaux !».
Et je constate que ça les rassure.
Je ne sais ce qui leur passe par la tête, mais je perçois bien que la pratique du running en club «sérieux» ne tente pas le plus grand nombre.

De la course à pied au running

Beaucoup de gens, ces trois dernières années, se sont mis à courir autour de moi.
Non, pas en faisant des ronds avec moi plantée au milieu, mais en chaussant leur dernière paire de chaussures ultra techniques de-la-mort-qui-tue,  et hop ! Dehors !

Je peux me compter parmi ces gens.

J’aime me bouger, le faire sans trop de contraintes (pas d’horaires fixes, de matos lourdingue, de salle spéciale). Et puis, quel kiff’ de pratiquer un sport dehors quand on habite près d’un bois.
Je déteste courir sur tapis, c’est mon côté Pierre Richard ça, j’ai toujours la sensation que je vais me casser la figure !

JC : Mais non, Pierre Richard c’est bien moi cette année !

La course à pied, pardon le running (en anglais, ça fait plus staïle),  pour moi comme pour beaucoup, c’est avant tout la liberté.

@Monsters&Cie

@Monsters&Cie

La fédé d’athlé a du mal à… fédérer

La fédération d’athlétisme semble se chopper les boules au point de pouvoir s’en faire des sautoirs, de voir tous ces gens qui courent sans pour autant prendre de licence dans l’un de ses clubs.
Souvent, elle rappelle à qui veut bien l’entendre qu’elle accompagne les coureurs quel que soit leur niveau, et en mode loisir comme en mode compète. Oui, et en plus, elle organise plein de courses labellisées. Mais alors pourquoi, ça me tente moyen ?

Lui, il a sa carte !

Lui, il a sa carte !

Pourtant je sais bien qu’une licence en club demeure peu coûteuse et permet de simplifier les inscriptions à des courses (oui, je sais, je veux pas faire de compète en club mais je teste mes performances de temps en temps tout de même ! Souvent femme varie).
Mais le fait est là, on ne peut pas dire que parmi tous les coureurs amateurs que je côtoie, nombreux soient ceux détenteurs d’une « carte du parti » (de l’athlé) !

L’étude de la FFA sur la course à pied

@FFA

@FFA

Alors la fédé  s’est adjoint les services de l’agence SportLab’ et le savoir-faire d’Harris Interactive pour mener une grande enquête, comme un état des lieux de la course à pied, dont je vous livre quelques résultats qui m’ont interpellée.

> 8,5 millions

C’est le nombre estimé de coureurs en France cette année, soit quasiment un cinquième de la population. Ouf non ?
Et JC, qui rentre de Boston, me dit que là-bas, il a vu un nombre hallucinant de femmes prendre le départ du marathon, mais aussi courir sur les bords de Charles River. Ce n’est pas encore le cas en France, donc…  Allez les filles !

JC : Ne pense pas que je n’ai regardé que les filles, hein. Plein de mecs aussi et torse-poil en plus… De quoi vous faire tous rêver 😀

> Entre 15 et 24 ans

Aussi curieux que cela puisse paraître, c’est dans cette tranche d’âge que l’on compterait le plus de coureurs. Du coup, j’ai cherché quel était l’échantillon de l’enquête sans trouver cette précision. C’est la pratique scolaire qui justifierait ce résultat. Après, savoir combien de fois par semaine, le jeune court ? Ça, l’étude ne le dit pas !

De mon côté, j’entends souvent que le running est un sport de vieux, qu’on peut pratiquer longtemps. Quand on devient endurant. Alors ?
JC : Vieux, vieux… ça va hein !

Elle est peut-être là la clé de voûte pour la FFA : en club licencié, on va bosser sa vitesse et on court court (short distance), on est rigoureux, alors qu’ailleurs on pense se faire davantage plaisir, on varie les entraînements, on évite toute pression, on rencontre du monde, et plus si affinités.

J’essaie de justifier mon choix comme je peux… alors que la vraie raison, c’est que mon club* me donne plus envie qu’un club FFA !

Un jeune, un vieux !

Le vieux court mieux que le jeune là, non ?

 

> Courir seul

Il semblerait que 77% des runners pratiquent leur sport en solo. Mais alors s’ils sont majoritairement des pratiquants scolaires, y’a un bug là ? Ah les states et les enquêtes, on ne comprend pas toujours…

En ce qui me concerne, j’ai beau apprécier de courir comme je veux quand je veux, je n’ai jamais autant apprécié mes sorties longues qu’en compagnie de potes runners. Et plus nous rencontrons tellement de coureurs de tous poils que finalement, cela me conduit à penser que oui, la course à pied ressemble à un sport collectif.

@babaorun

@babaorun

> Sans surprise

Le coureur s’éclaterait davantage le week-end et pendant les vacances. Et il semble préférer courir en nature plutôt qu’en milieu urbain. Euh, ils n’ont pas payé trop cher au moins à la Fédé pour obtenir ces résultats inédits, rassurez-moi ?!
Non mais imaginez juste un peu : « non, moi je préfère courir à la bourre le lundi matin avant le taf, dans les pots d’échappement vers le périph de préférence ». Bref !

> Pourquoi on commence ?

Là, la notion de bonne santé et de bonne condition physique ressort à fond. Mais il y a quand même 35 % des répondants motivant leurs débuts par l’envie de perdre du poids. Moi je n’arrête pas d’entendre que courir ne fait pas maigrir. Cela dit, ça aide. Et n’oubliez pas de manger gras hein pour maigrir (Babaorun vous explique là).

> Pourquoi on arrête ?

Là les réponses ne sont pas nettes ; certains par souci de santé, d’autres par perte de plaisir ou encore par manque de temps. Mais quelle idée saugrenue que d’arrêter !

> La compète

tumblr_m577n2VKWl1r8vswvo1_500La fédé entre dans le vif du sujet : seulement 16% des runners participeraient à des courses, c’est pas bézef tout de même ! Du coup, ça expliquerait ce peu d’attrait pour la pratique en club licencié, car l’image des compètes incessantes les week-ends leur colle à la peau.

Alors qu’en fait, des runners qui planifient un nombre dingue de courses, j’en connais quelques-uns moi… #unangepasse. Mais ils le décident eux-mêmes, ne le font pas au nom de leur club. Dites, vous en pensez quoi les Bourricots ?
JC : Ding-dong, Joker !

Chère fédé, envoyez-nous du rêve !

2a404a1a1f3a6c681a28fdb4edc93970Je ne sais pas si une enquête suffira pour pousser la FFA à mieux communiquer, quoi qu’il en soit, la démarche demeure louable.
Espérons qu’un jour, les clubs d’athlé parviendront à créer l’envie avec de nouvelles idées. Les grandes marques, à grand renfort de marketing coûteux, y parviennent assez bien, mais est-ce vraiment seulement une question de moyens ?

Bon allez, bonne bougresse, je vais m’empresser de mettre le site web de la FFA sur la homepage de Babaorun tiens.

Et un jour peut-être que je prendrai une carte…
Qui sait ?

 

 

Lire aussi sur babaorun : 

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8 réponses à Pourquoi on court si peu en club ?

  1. Des initiatives comme le club Free Runners vont faire revenir les fashion-runners et les bourricots dans le giron de la fédé. Mais tu l’as dit, la course c’est la liberté et l’image d’une fédé c’est pas vraiment la liberté. Les entrainements en club ne peuvent pas se permettre d’être « à la carte » au niveau horaire. Alors soit tu te débrouilles avec le net et la presse pour apprendre, soit tu vas dans un club de sport outdoor hors de prix mais avec des coachs mega top sexy et du champagne au ravito 🙂 mais c’est vrai qu’on aimerait bien avoir une licence des fois (mais il faut qu’elle soit valable pour les trails)

  2. Runner λ dit :

    Il me semble qu’on perçoit bien les contraintes, réelles ou supposées, de l’adhésion à un club (coût de la licence, horaires d’entraînement fixes, participation à des compétitions comme coureur ou comme bénévole, etc) sans voir ce qu’elle peut nous apporter en retour (inscriptions à des courses, coaching, accès à une piste, etc).
    Moi le premier. J’y pense par moments mais je n’ai jamais franchi le cap.
    Alors une étude de population c’est déjà un premier pas, reste à voir comment ça va se concrétiser sur le terrain de la communication et du marketing.

  3. Running Sucks dit :

    C’est marrant parce que je pensais à ça l’autre jour dans ma salle de bain (oui). Et typiquement, je serais la « cliente » idéale pour un club : j’ai envie de progresser et donc de structurer mon entraînement, j’ai expérimenté gamine donc je sais à quoi m’attendre … Mais j’ai jamais franchi le cap en France. Depuis que je vis en Ecosse, j’ai fait une tentative « club » plus pour rencontrer des gens que pour l’aspect « perf » du truc. Et en fait, j’ai vite lâché l’affaire. Après c’est peut-être une question de personnalité et de goûts : j’aime vraiment courir seule et organiser mes entraînements fait partie de mon plaisir. Un club c’est quand même une contrainte … Et on est nombreux à courir pour la sensation de liberté que ça procure.

    Après, comme tu dis, il devrait y avoir un public : tous ces gens qui cherchent à se motiver avec d’autres personnes et qui rejoignent des groupes montés par des marques (ou pas, d’ailleurs). Mais ouais, les clubs « impressionnent ». J’ai l’impression que les gens ne se sentent pas « légitimes » ou un truc du genre.

    Bref, y’a sans doute de la com’ à mettre en place mais surtout un système à repenser ?

  4. Greg Runner dit :

    L’idée m’est venue plusieurs fois à l’esprit de m’inscrire à un club.
    Mais souvent, les horaires d’entrainement sont complètement débiles: 18-20h.
    Je finis le boulot au plus tôt à 18h30. Le temps d’arriver au stade et de me mettre en tenue, je serai pile poil prêt pour… le retour aux vestiaires.
    En faisant un rapide petit benchmark des horaires d’entrainement de 4 sports dans ma ville qu’est Suresnes, voilà ce qui en résulte:
    – Athlé: 18h – 20h
    – Foot: 20h15 – 22h
    – Judo: 20h – 21h30
    – Escrime: 19h30 – 21h
    Parfois, faut pas chercher bien loin, il suffit juste de ne plus regarder son nombril et d’aller voir comment et pourquoi ça fonctionne ailleurs… (Message à la FFA. Et aux clubs d’athlé).

  5. Lés clubs et la fédé. vaste sujet.

    Quoi qu’il en soit, le running reste un sport individuel et il y a ce nombre de pratiquants car justement il peut se faire seul et n’importe quand

  6. fred dit :

    Tiens c’est surprenant, la fédé à oublié que certains coureurs montagnards pouvaient avoir commis le crime d’être licencié dans une autre fédé (FFCAM, FFME, etc.)?

    En bonus, un petit lien sur le sujet fédéralisme/sport 🙂
    http://www.widermag.com/news-trail-running-federer-diviser-polemique-enfle-utmb-itra

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