Trail des Cerfs 2013 : le brame du vétéran !

On atteint des "sommets" dans la photo souvenirs...

On atteint des « sommets » dans la photo souvenirs…

Difficile exercice que celui du compte-rendu de course, tel une épreuve après l’épreuve en quelques sortes, surtout pour mon premier.

AL : bah je vais t’aider va. Tu mérites bien ça, vu ton classement !

Petit moral, grosse fatigue

Jusque samedi après-midi, je n’en mène pas large. Une grosse fatigue m’envahit. Je sais qu’une sieste peut m’être salutaire, donc dodo. Pourtant je m’en relève toujours aussi crevé ! Néanmoins, mon expérience me laisse y croire.
Et puis, grosse différence avec la route, en trail, ce n’est pas le chrono qui arbitre les résultats, mais les sensations et la place à l’arrivée ; donc moins de pression. Et puis, cette course fait « juste » partie de ma préparation pour un trail plus sérieux, celui du Marathon du Mont Blanc le 30 juin.

Ne pas oublier de faire son lacet !

Lever 5h45 ce dimanche 26 mai, je vais prendre le départ du Trail des Cerfs, à la Queue-en-Yvelines (au fin fond du 78).

Je pars avec mon pote Benoît, trailer aguerri de l’USM Malakoff. Le temps semble bien maussade et frais (étonnant non ?), et être à deux n’est pas un luxe ! Benoît prend le départ plus tôt que moi pour ses 35 km.

Après l’excellent départ de Benoît, je pars m’échauffer. Pour une fois, je suis bien en avance sur une course, j’ai le temps de bien peaufiner mon matériel (j’en connais qui vont être fiers de moi !) et de bien lacer mes souliers presque neufs… pas comme au semi de Paris !
Je suis équipé d’Asics FujiFell Racer, aux crampons bien agressifs, mais c’est surtout leur légèreté et leur dynamisme qui me conviennent bien.

Look compressé

Côté tenue, j’opte pour un total look Compressport short + haut sans manches pour gainer tout le corps. Je prends cependant le parti de ne mettre ni chaussettes ni manchons de compression, en vue des digues à traverser, afin de m’éviter une foulée alourdie par des vêtements mouillés qui font floc floc.

Un départ plat/faux-plat

Après un petit échauffement d’un quart d’heure, j’écoute religieusement le briefing (c’est aussi ça le trail).

Ma course totalise 20,7 km sur un terrain bien gras, un peu technique, très varié, superbe et sauvage. Le dénivelé de 400m se répartit équitablement sur le parcours. Avec Benoît, on a envisagé de se retrouver sur le parcours au moment où les deux courses se rejoignent, mais à 10′ près, on se ratera. Dommage.

Top départ. Je me cale « dans les roues » des 4-5 premiers pour observer mais ça va quand même vite. Ça fait un petit moment que je n’ai pas couru à 15-16 km/h sur 3-4 km et le plat enchaîne vite sur un faux-plat. Ayant repéré au préalable (voyez comme je suis organisé ?!) les 2 premiers kil, j’ai observé un goulet très étroit en mono trace. Il faut absolument être placé à cet endroit.

De bons appuis

J’attaque le single en 2e position et très vite, je vois que je glisse moins que mon prédécesseur, que mes appuis sont plus francs dans les montées raides et les passages techniques.  A la 1re descente, je le dépasse et accélère légèrement pour le tester. Il suit mais ventile pas mal. Je le laisse repasser devant, pour encore le jauger.

Au 2e passage technique, je reprends les commandes pour ne plus les lâcher. Nous sommes au kilomètre 4. Il en reste 16,7… 16,7 dans les bois à courir seul avec pour repères mes sensations et la rubalise à ne pas manquer (pour ne pas se perdre) !

Extrême concentration !

En trail, j’observe qu’il faut être extrêmement posé, réfléchi, attentif, observateur. Gérer son effort, où mettre ses pieds, chercher la meilleur trace, regarder devant mais pas trop loin, chercher les flèches ou fanions pendus dans l’arbre te garantissant la bonne trace, ne pas aller trop loin dans l’effort en haut d’une côte pour aborder les descentes pleines balles.

Relâcher son bassin pour aller très vite quand la pente prend des airs de toboggan enraciné. Essayer que ses pieds ne restent pas collés au sol pour avoir une foulée dynamique qui permette de maintenir l’allure, s’alimenter car la dépense d’énergie est importante, sans oublier de s’hydrater régulièrement. De quoi s’occuper n’est-ce pas ?

Vais-je voir le grand cerf dans la forêt ?

En attendant, je suis toujours en course, il faut aller vite, mais aussi apprécier le paysage, ça serait dommage de faire du trail sans regarder autour de soi et qui sait, une biche ou un cerf gambade peut-être non loin ? Mais attention de ne pas laisser trop traîner son regard, une faute est si vite arrivée !

Des idées me traversent tout de même l’esprit. Me retrouver, par exemple en tête d’une course. Une sensation qui ne m’est pas arrivée depuis longtemps. Dominer, contrôler. C’est si bon.

AL : Je ne dis rien, mais je souris…

On n’est pas là pour tricoter, je fonce !

Je relance dès que je le peux. J’essaie d’avoir un max de vitesse dans les enchaînements à travers les fougères. Je saute de flaque en flaque, je passe d’une ornière à l’autre afin de chercher celle où le rendement sera le meilleur !
Je regarde aussi ma Suunto qui m’indique que je frôle les 4’ au kilomètre, soit 15 km/h ; cela me met en confiance, car je sais que l’an passé par temps très sec, la course s’est gagnée sur cette allure. Je ne me retournerai pas, cette course est pour moi !

Bramer de joie

01

Le sponsor de la course était un pépiniériste…

Enfin j’aperçois des âmes humaines, des bénévoles et quelques supporters venus soutenir leurs proches, qui m’encouragent m’indiquant l’arrivée toute proche. Je suis le 1er !!! Un tour de stade, un petit coucou, une petite victoire mais une grande confiance gagnée pour la suite de mon programme. Les 2e et 3e places se jouent au sprint à près de 4 minutes. Avouons tout de même que le niveau n’est pas fort-fort, mais l’important ce sont mes sensations et le sentiment du travail accompli.

Je renoue tout de même avec la gagne et ça fait des années que ça ne m’était plus arrivé. Je pensais peut être un jour gagner une course en vétéran, mais aller chercher le scratch, une autre paire de manche !

Le soleil prend de l’assurance, mon pote Benoît finit 2e de sa course, et AL va être contente, j’ai gagné un bouquet de fleurs !

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24 réponses à Trail des Cerfs 2013 : le brame du vétéran !

  1. Philippe dit :

    ça fait plaisir à lire et ça semble tellement facile ! moi j’dis y a pas de petite victoire !

  2. sophi dit :

    bravo jc !! Une course bien menée 🙂 c est le genre de trail que j adore un ratio denivelé / kms faibles, parfait pour le coureur sur routes! Je trouve par contre c est
    éloigné des courses de montagne

    • Jean-Christophe dit :

      Merci Sophie !
      Tu ne crois pas que ce sont plutot les montagnes qui sont éloignées de l’IDF ? Sniff…
      Certes ce n’est pas le terrain idéal pour préparer le marathon du Mont Blanc, mais je l’ai prise comme une révision du matos, une bonne séance de seuil, que ça travaille tout de même les appuis, la charge musculaire, etc.
      Le bilan est très positif car j’ai emmagasiné un top capital confiance. Kilian n’a plus qu’à bien se tenir 😛

  3. Sandrunn dit :

    Tu te mets sur un trail, et aussi facile que pourrait le laisser penser ton compte-rendu, tu gagnes ! 20,7 km à 15km/h sur terrains instables et avec dénivelés, tu sais que ça fait rêver quelques coureuses qui essaient de conquérir la piste ? 🙂
    Bravo !!

  4. VIGNON Lionel. dit :

    Bravo pour cette victoire, et merci pour ce CR à la SL !

  5. runninblack dit :

    Bravo ! Clair que c’est loin d’une petite victoire …20 km à 15 hm/h sur un trail même sans gros dénivelé c’est quand même énorme !

  6. Julien dit :

    il est très sympa ce premier récit !
    De la technique, de la sueur, des émotions…

    Par contre, commencer par une victoire, ça met un peu la pression pour la suite quand même 😉

    • Jean-Christophe dit :

      Tu m’étonnes Julien, j’aurais du y penser avant…
      Tu crois que le bizutage c’est pour bientôt ? 😛

  7. jecoursparis dit :

    Bravo encore pour ta performance, mais bravo surtout pour ta façon d’écrire. J’ai aimé bcp te lire!

  8. Jean-Pierre Run RUn dit :

    Un double bravo pour Jean-Christophe !
    Un premier compte rendu de course et un podium au sctrach. Tu m’épateras toujours, tu es un modèle de perfection et d’entrainement. Je ne doute pas que ce blog suivra la courbe ascendante de ta (nouvelle) carrière sportive !
    A bientôt champion !

  9. SebRom dit :

    Pour un gars pas très en forme le vendredi soir qui se cherchait des excuses pour le surlendemain c’est un sacré résultat! Tu peux bramer! 😉
    Et ton récit est un régal a lire, rythmé et rapide comme ta course, bravo!

  10. Fodfrance dit :

    Bravo Tof ! Quelle passion !
    On sent la volonté, les efforts, les sensations, le plaisir.
    Un jour ton faon empruntera les sentiers du »Trail des Cerfs »…

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